Apocalypse 17:2 : Babylone la grande se livre à la débauche avec les rois de la terre -Partie 1


 

 

Babylone la grande se livre à la débauche avec les rois de la terre

 

Apocalypse 17 : 2 : « Les rois de la terre se sont livrés à la débauche avec elle, et les habitants de la terre se sont enivrés du vin de sa prostitution. »

Jésus et les apôtres ont dispensé l'enseignement pur et véritable au premier siècle, au sein de l'empire romain, dans un contexte qui leur était hostile.  Au IV ème siècle, de grands changements ont lieu. Non seulement les chrétiens ne sont plus persécutés mais les empereurs romains élèvent le christianisme au rang de religion d'Etat. Seulement, ils se chargent en personne de présider à l'élaboration des doctrines qui seront imposées à toute la population. 


 L’empire romain juste avant l’avènement de Constantin 1er

Au cours du 
IIIe siècle, l'empire romain doit faire face à de nombreuses attaques de peuples barbares. Un seul dirigeant ne peut assurer une présence impériale aux frontières très éloignées les unes des autres et en même temps déjouer les usurpations des généraux qui profitent de l’instabilité du pouvoir.

En 285, 
Dioclétien (empereur depuis 284) décide de partager son pouvoir. Il prend comme coempereur Maximien. Dioclétien se réserve la partie orientale de l'empire romain, et Maximien reçoit la partie occidentale. Les deux empereurs portent le titre d'Auguste (empereurs principaux). 
Puis en 293, chaque Auguste nomme un empereur-adjoint, qui porte le titre de 
César. Dioclétien choisit son gendre Galère, et Maximien s'adjoint Constance Chlore, le préfet du prétoire de Dioclétien (commandant de la garde prétorienne constituée de soldats d’élite). 

 L’empire romain est alors gouverné par une tétrarchie, le pouvoir étant partagé entre Maximien et Constance pour le côté Occident et Dioclétien et Galère pour le côté Orient.

 Dioclétien (285-305), empereur de la partie orientale de l’empire romain persécute les chrétiens. C’est l’ère des martyrs. Dioclétien, excité par Galère, son gendre, publie 4 édits pendant son règne qui ordonnent de démolir les églises, brûler les livres saints, priver les chrétiens de leurs droits civils, emprisonner, torturer ceux qui refusent de sacrifier aux idoles, tuer. 
 Maximien Hercule (285-305), empereur de la partie occidentale de l’empire romain applique le décret de Dioclétien dans ses provinces.
  Constance Chlore (293-306) (père de Constantin 1er) n’applique pas vraiment l’édit de Dioclétien contre les chrétiens et se contente de détruire quelques églises. Il s’abstient de poursuivre les adeptes de la nouvelle religion. 
  Galère (293-311) (gendre de Dioclétien) poursuit sans pitié la persécution des chrétiens.

Dioclétien et Maximien abdiquent en 305. Galère nomme 
Maximim Daia césar et fait proclamer Sévère comme César de l’Auguste Constance Chlore. 

 Une nouvelle tétrarchie est mise en place, le pouvoir étant partagé entre Constance 1er et Sévère, pour le côté Occident et Galère et Maximin Daia pour le côté Orient. Des quatre tétrarques, Galère est dans les faits le principal dirigeant de l'empire. Devenu Auguste d’Orient, il continue à faire des martyrs.

Maximin Daïa (305-313), d’abord conciliant, persécute à nouveau les chrétiens à partir de Pâques 306. Païen fervent, il ordonne en 306, puis en 308, un sacrifice général aux divinités païennes. Les chrétiens réfractaires sont mutilés et envoyés travailler dans les mines et les carrières. Les exécutions seront peu nombreuses, sauf en Égypte. 
La politique de Sévère (305-307)  entraîne le mécontentement général. La garde prétorienne fait appel à Maxence, le fils de Maximien.
À la mort de Constance en 306, son fils, 
Constantin, s'autoproclame empereur en Bretagne, immédiatement imité en cela, à Rome, par Maxence, fils de Maximien Hercule l'ancien collègue de Dioclétien. Galère envoie aussitôt Sévère marcher contre Maxence et Maximien venu l'épauler. Mais Sévère est tué.
Galère nomme alors son ami 
Licinius directement Auguste en remplacement de Sévère et reconnaît officiellement Constantin qu’il nomme César. 
Comme ils protestent contre la promotion de Licinius, les deux Césars, Constantin et Maximin Daïa, sont finalement nommés, à leur tour, Auguste en 310.
Galère espère confier à Licinius le gouvernement de l'Occident mais l'Italie, l'Afrique et l'Espagne sont aux mains de l'usurpateur Maxence, tandis que Constantin le Grand règne sur la Gaule et la Bretagne. Licinius doit alors se contenter de la Pannonie (Europe centrale).

 En 310, l’empire romain est dirigé par 4 Augustes et un usurpateur : 

 Galère (293-311)
 Maximin Daïa (305-313)
 Constantin Ier (306-337)
 Licinius (308-324)
Maxence, usurpateur (306-312)
Maxence met un terme à la persécution des chrétiens. 

Pendant l'hiver de 310-311, Galère tombe malade, une douloureus
e maladie l'immobilise. Craignant qu'elle ne soit une vengeance du dieu des chrétiens, il promulgue, le 30 avril 311, un édit de tolérance : l’édit de Sardique. Son dernier acte politique met fin aux persécutions de Dioclétien. Il mourra peu après, laissant le pouvoir à son neveu Maximin Daia, c’est la fin de la tétrarchie. 
Maximin Daïa accepte à contrecœur l'édit de tolérance envers les chrétiens promulgué par son oncle et tente toujours de favoriser le retour du paganisme.  Il encourage également les villes et les provinces à demander l'expulsion des chrétiens de leur territoire, et fait forger des textes apocryphes antichrétiens, intitulés Actes de Pilate, qu'il fait enseigner dans les écoles. 
En 312, Maxence est tué par Constantin lors de la bataille du pont Milvius.
En 313, Maximim Daïa se suicide. Peu avant, il promulgue un édit tolérant entièrement la foi chrétienne et restituant à l'Église les biens qu'il avait confisqués.
L’empire est alors partagé entre 
Constantin 1er pour la partie occident et Licinius pour la partie orient.

Au printemps 
313, Constantin et Licinius signent l’édit de Milan, qui reconnaît la liberté de religion à tous les sujets de l’empire, et qui restitue aux chrétiens tous les biens confisqués. C’est la reconnaissance officielle du christianisme.
En 324 Constantin déclare la guerre à Licinius. Celui-ci est battu à la bataille d'Andrinople le 3 juillet 324 et assassiné peu après.
Constantin 1er rétablit l’unité de l’empire, il devient le seul empereur romain. C’est le début de la dynastie des Constantiniens.


 Constantin 1er et le début du césaropapisme

Le père de Constantin, Constance Chlore, était un païen monothéisant, attaché au 
culte de Sol Invictus  («dieu soleil »). Il se comporte toutefois avec mesure lors de la grande persécution, durant laquelle il se serait contenté de détruire quelques édifices en Gaule, selon Eusèbe de Césarée.
La mère de Constantin, Hélène, est chrétienne. Répudiée par Constance Chlore, elle sera réhabilitée et proclamée Augusta (impératrice) par Constantin en 324, et œuvrera aux côtés de son fils à la propagation du christianisme. Elle est considérée comme sainte dans les religions catholique (18 août) et orthodoxe (21 mai) et honorée également par les luthériens (19 ou 21 mai) .

A partir du règne de Constantin 1er, c’est la fin des persécutions pour les chrétiens. 

Après avoir vaincu Licinius, Constantin se rend en Orient où il constate des dissensions au sein du christianisme. L’
arianisme y est répandu. Selon Arius, le Fils, ayant été créé, donc tiré du néant, ne peut partager pleinement la nature divine du Père, il n’est pas Dieu. Seul le Père est Dieu, le Fils occupant une place intermédiaire entre le divin et la créature. Les partisans d'Arius professent que Jésus, fils de Dieu, est subordonné à son créateur, de même que le Saint Esprit qu’ils considèrent comme un relais existant de toute origine entre Dieu et l'humanité. 
Les opposants font, eux, valoir que le Fils est consubstantiel au Père, c'est-à-dire «ayant la même essence» (Constantin leur accordera la victoire et condamnera l'arianisme).
Craignant un schisme qui mettrait à mal l’empire, Constantin décide de réunir un concile afin de rétablir la paix religieuse. 

L’empereur affirme son autorité dans le domaine religieux, il inaugure ainsi le 
césaropapisme  (pouvoir temporel et spirituel), la politisation de la religion qui va entraîner une  déviation de l’enseignement de Jésus.  Constantin intervient dans les querelles théologiques et ouvre en personne leconcile de Nicée en 325. Il rassemble des représentants de presque toutes les tendances du christianisme. 

Les débats conciliaires se déroulent dans la grande salle du palais impérial, sous la présidence de l'Empereur Constantin. Arius défend sa doctrine, soutenu par ses partisans, surtout par 
Eusèbe de Nicomédie. Mais, en face, le parti orthodoxe, dirigé par Marcel d'Ancyre, Eustathe d'Antioche et le diacre Athanase d'Alexandrie, qui sera par la suite évêque d'Alexandrie, rejettent la thèse d’Arius et imposent (par majorité et non par démonstration) la conception de « Jésus Dieu ». 
Après plusieurs mois au cours desquels les évêques ne parviennent pas à se mettre d'accord sur un texte décidant de la nature de la relation du Christ au Père, l'empereur menace les quatorze récalcitrants.
La doctrine d’Arius, dont le principal adversaire est  Athanase, est condamnée lors du concile, et Arius anathématisé et voué à l'exil, avec deux autres évêques.
Les livres d'Arius sont brûlés et sa voie est  appelée l'hérésie d'Arius, ses partisans et ceux qui soutiennent la même conception sont considérés, jusqu'à nos jours, des ennemis du christianisme.

La profession de foi établie lors du concile de Nicée en 325, constituant le « 
symbole de Nicée », déclare que le Fils est de « même substance » que le Père. Le dogme trinitaire se met en place. 
« Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles. Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s'est incarné et s'est fait homme ; a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Et au Saint-Esprit.
Ceux qui disent : il y a un temps où il n’était pas : avant de naître, il n’était pas ; il a été tiré du néant ; il est d’une substance (hypostasis), d’une essence (ousia) différente, il a été créé ; le Fils de Dieu est muable et sujet au changement, l’Église catholique et apostolique les anathématise»
.


 Le Grand Pontife et la triade capitoline

 La triade capitoline désigne, dans la religion romaine, les trois divinités Jupiter, Junon et Minerve qui étaient honorées au temple de Jupiter Capitolin, sur le Capitole à Rome. Elle célèbre Jupiter, dieu de la foudre, du tonnerre, du ciel et de la lumière, et défenseur de la justice, Junon, reine des dieux et du ciel, et protectrice des femmes, et Minerve, déesse de la sagesse, des arts et des techniques de la guerre, et protectrice de Rome. 

La triade capitoline romaine a sans doute contribué à la doctrine de la trinité

 

Les cérémonies en l'honneur de la triade capitoline sont organisées chaque année par le Grand Pontife ou Pontifex maximus. Son culte se poursuit à Rome jusqu'à la reconnaissance du christianisme comme religion d'État.
Dans la Rome antique, pontifex maximus (grand pontife) est le titre donné au grand prêtre à la tête du collège des pontifes. C'est la charge la plus élevée en prestige et en obligations au sein de la religion publique romaine, et celui-ci a pour résidence la regia, palais des anciens rois de Rome. Ce terme vient du fait que les pontifes étaient chargés – entre autre - de l'entretien d'un pont sacré, le pont Sublicius.

Constantin Ier et ses successeurs, même baptisés, prennent eux aussi le titre de
 pontifex maximus.
Durant l'hiver 382/383, l'empereur Gratien, parmi de nombreuses mesures contre les religions anciennes, abandonne ce titre, tandis que son frère Valentinien II ne le porte pas. Le titre n'est alors plus porté pendant des siècles, jusqu'à ce que le 
pape Théodore Ier le reprenne en 642.
Aujourd'hui, le titre Pontifex maximus est réservé au pape — également appelé 
Souverain pontife (Summus pontifex) ou Pontife romain (Pontifex romanus). Le règne d'un pape est appelé pontificat et l'ancien domaine papal était connu sous le nom d'États pontificaux.
Ainsi, le titre de 
Pontifex maximus réservé initialement au grand prêtre qui vénérait la triade de dieux romains, la triade capitoline, est récupéré par Constantin 1er qui se constitue ainsi chef religieux suprême chrétien de Rome. 
Le contexte du concile de Nicée est dès le départ clairement influencé par une tendance trinitaire. 

Lien - Triades


 L’empereur Théodose et l’édit de Thessalonique

Théodose 1er devient empereur d'Orient en 379, il partage le pouvoir avec Gratien qui le nomme Auguste et qui règne sur l'Occident. Gratien collabore étroitement avec le pape Damase Ier et combat fermement le paganisme. Il est le premier empereur à refuser de porter le titre de pontifex maximus. 
En 380, l’empereur Théodose 1er se fait baptiser chrétien. Il se place également en tant qu'autorité religieuse.

Il promulgue l'
édit de Thessalonique le 27 février 380 qui impose le christianisme dans l'empire et la croyance en une trinité composée de Dieu, son Fils Jésus et le saint Esprit.
« Édit des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Auguste, au peuple de la ville de Constantinople. Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s'engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donnée aux Romains - ainsi que l'affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu'à maintenant - et qu'il est clair que suivent le pontife Damase et l'évêque d'Alexandrie, Pierre, homme d'une sainteté apostolique : c'est-à-dire que, en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité.
Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d'églises et ils seront l'objet, d'abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adoptée suivant la volonté céleste.
Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois.
»



 La doctrine de la trinité définitivement admise avec le concile de Constantinople

En 381 ap J-C, l’empereur Théodose 1er convoque le 
Concile de Constantinople
150 évêques y sont appelés. Aucun d’Occident, y compris le Pape lui-même, Damase. Les non-nicéens ne sont pas admis à siéger. Le concile se déroule de mai à juillet 381.
Le principal point qui y est acquis est la 
définition de l’Esprit comme troisième personne de la Trinité. Le symbole dit de Nicée du nom du premier concile œcuménique qui l’a adopté en 325 est ainsi complété sur l’Esprit Saint : « par l’Esprit Saint il a pris chair de la Vierge Marie » et « L’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père ; avec le Père (et le Fils) il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.» 
La confession de foi établie par le concile, constituant le "
Symbole de Nicée", est ainsi complétée au concile de Constantinople en 381, pour devenir le "Symbole de Nicée-Constantinople" ou Credo.
La doctrine de la trinité est alors bien définie et imposée dans tout l’empire. 


 Le césaropapisme

« 
Césaropapisme » : ce mot définit l'absorption par l'empereur (césar-), souverain temporel, des fonctions spirituelles dévolues au chef de l'Église chrétienne (-pape).
Il nous faut réaliser que la façon même de considérer notre Souverain suprême de l’univers, Yahvé, et son Fils Jésus-Christ a été définie par des hommes politiques d’origine païenne soucieux de maintenir leur pouvoir sur l’empire, des empereurs habitués à verser le sang !
Les dogmes 
définis par le pouvoir politique ont ensuite été imposés par la force.

Le problème des relations entre l'État romain et l'Église chrétienne se retrouve en contradiction directe avec les paroles de Jésus : «
 Rendez à César ce qui est à César » Mat 22 :21.
« Rendez donc à César ce qui revient à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu ». Mat 22 :21.
«Rendez donc à l'empereur ce qui est à l'empereur et à Dieu ce qui est à Dieu.» Segond 21.

Les hommes politiques romains avaient-ils une quelconque autorité spirituelle ? Non, aucune !

En 383, à la mort de Gratien, l'empire compte trois empereurs : 
Maxime à Trèves, Valentinien II, jeune frère de Gratien, sous la tutelle de sa mère Justine (qui encourage l’arianisme), à Milan, Théodose Ier à Constantinople.
En 
391, les cultes païens sont interdits. 
En 394, Théodose règne à la fois sur l'Orient et sur l'Occident après avoir intrigué et éliminé ses rivaux. A sa mort, en 395, cependant, son empire est partagé entre ses deux fils 
Arcadius qui règnera sur l’orient (capitale Constantinople) et Honorius qui reçoit l’occident (capitale Rome).
80 ans plus tard, c’est la chute de l’empire romain d’occident. 
Romulus Augustule est déposé en 476 ap J-C. Débute alors le long Moyen-Âge qui va durer un millénaire.

 


Olivier

 


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