Les Champs d’Ialou de l’antique Egypte


 

La vie après la mort est évidente pour les Égyptiens de l’Antiquité. En effet, le soleil meurt chaque jour pour renaître chaque matin, il ne peut en aller autrement pour toute autre forme de vie.
Chez les Égyptiens, la vie sur Terre n’est en fait qu’une préparation à la vie dans l’au-delà, la deuxième vie étant bien plus importante. Il est donc indispensable que le corps soit préservé pour cette vie éternelle et pour que le 
ka (son double) puisse s’y réincarner. 


Le ka

En effet, pour les Égyptiens, l’homme est composé de 
3 parties : le corps, l’âme ou bâ et le ka. Le ka est en quelque sorte le double mais possède sa personnalité propre. Lors de la mort, le ka quitte le corps mais doit pouvoir y revenir chaque fois qu’il le souhaite. C’est la raison pour laquelle le corps est embaumé et l’on place dans la tombe de la nourriture, des boissons, des meubles et des objets domestiques pour satisfaire les besoins du défunt quand le ka revient dans le corps. Dans le tombeau sont disposées des statues censées servir le mort dans l’au-delà (il peut y en avoir des centaines par tombeau). Des textes funéraires consistant en formules ou en prières sont également mis dans la tombe pour aider le mort dans son voyage vers l'au-delà.


La momification

La momification prend 70 jours. Le corps est déshydraté dans du natron. Le mort espère aller au Paradis; les champ d'Ialou.

 

Le dieu de l’embaumement est Anubis, le dieu à tête de chacal.
La momification consiste à empêcher la décomposition d’un corps en l’embaumant pour qu’il se dessèche lentement. Elle prend en moyenne 
70 jours


La première étape consiste à extraire le cerveau par les fosses nasales grâce à un crochet de fer.
Puis, les organes du mort (foie, poumons, estomac et intestins) sont disposés dans des 
vases canopes. 
Pour déshydrater le corps, on place des linges contenant du 
natron, un mélange de carbonate et de bicarbonate de sodium (Na2CO3 et NaHCOC) et des substances aromatiques.
Le processus de dessiccation est alors favorisé par le climat très sec de l'Egypte. Le corps est ainsi exposé au soleil.
Puis, les embaumeurs lavent le corps et l'oignent avec diverses huiles et résines, afin de rendre à la peau une certaine souplesse. Enfin, ils appliquent des bandelettes sur tout le corps.

 

La cérémonie de l'«ouverture de la bouche» sur la momie et le sarcophage accomplie par des prêtres prépare la personne défunte pour son voyage funéraire. Les incantations et objets rituels sont censés lui rendre ses sens.

Le voyage vers l'au-delà se fait à travers de nombreux dangers. À bord d'une barque solaire, la momie traverse le monde inférieur rempli de serpents armés de longs couteaux, de dragons crachant du feu et de reptiles voraces à cinq têtes. Une fois arrivé dans le royaume du Douat (le pays des dieux), le défunt doit traverser sept portes en récitant sans commettre d'erreur une formule magique à chaque arrêt. S'il réussit, il arrive dans la Salle d'Osiris, le lieu du jugement.

 Osiris est le dieu qui préside au jugement des morts. Quarante-deux dieux écoutent la confession du défunt qui se proclame innocent de tout crime contre le divin et l'ordre social humain.

Les dieux de la mort procèdent à la «
pesée du cœur», cérémonie au cours de laquelle on juge si les actes terrestres de la personne ont été vertueux. La pesée du cœur est surveillée par le dieu à tête de chacal, Anubis, tandis que Thot, le dieu de l'écriture, enregistre le résultat.

Les dieux de la mort procèdent à la «pesée du cœur» et jugent si les actes terrestres de la personne ont été vertueux. Anubis surveille la pesée du cœur, tandis que Thot, le dieu de l'écriture enregistre le résultat.

 

Pour cela, Anubis place le cœur de la personne sur l’un des plateaux d'une balance. Une plume représentant Maât, la déesse de la vérité et de la justice, est placée sur l'autre. Le cœur ne doit pas être plus lourd que la plume, sans quoi, il est dévoré par le monstre qui veille au pied de la balance. Si le cœur est pur, il reste en équilibre avec la plume, et Osiris accueille le mort dans l'autre monde, les champs d'Ialou, qui sont une sorte de Paradis.

Le champ d’Ialou est aussi appelé champ d’Iarou, champ des roseaux, champ des Offrandes, Terre d’abondance, champ des genêts, champs des bienheureux…

C'est au chapitre 110 du livre des Morts qu'apparaît le défunt dans les champs d'Ialou. La moisson y est foisonnante, le défunt peut apprécier les champs à perte de vue, et y « voir Rê, Osiris et Thot chaque jour » ou recevoir des offrandes.

Osiris accueille le mort dans l'autre monde, les champs d'Ialou, qui sont une sorte de Paradis.

 

« ...Si le défunt a appris ce chapitre, il pourra atteindre les champs des bienheureux. Il trouvera sur l'autel de la grande divinité la boisson et le pain consacrés. Il pourra atteindre les champs des bienheureux après avoir revêtu toutes les formes qu'il lui plaira, il pourra enfin y circuler à tout moment, réellement, éternellement... »
Extrait du « Livre des morts des anciens égyptiens » 

Les égyptiens espèrent après leur mort atteindre ce jardin d’Eden où la terre est abondante, où l’orge est haut de cinq coudées (deux mètres cinquante) et le blé de sept coudées ( trois mètres cinquante). Le chapitre 110 du livre des morts illustre cette campagne rêvée, dont la jouissance est un signe de prospérité et une garantie contre la faim. 
Dans ce lieu, celui qui a la vie éternelle peut reprendre ces activités quotidiennes et terrestres: 
labourer, récolter, manger, boire, dormir, faire l’amour, vivre tout simplement près des dieux
Cet endroit est pour les égyptiens un
 havre de paix rempli d’amour et de  joie. Il propose abondance de nourriture grâce à la richesse du sol et prospérité.

Olivier

 


Osiris accueille le mort dans l'autre monde