Théophile d’Antioche et la création,

la Trinité et l’immortalité de l’âme


 

 

Théophile d’Antioche (mort en 183 ou 185) était évêque d’Antioche. Il a rédigé une apologie composée de 3 livres : le « Traité à Autolycus », dans laquelle il s'adresse à un païen polythéiste nommé Autolycus

L'apologiste va présenter le Dieu Créateur de l’univers et proposer une interprétation allégorique des différentes étapes de la création.

Théophile d’Antioche semble être le premier à employer le terme « 
Trinité » et à en développer le dogme. Il explique notamment que, selon lui, le Verbe de Dieu, qui est aussi son Fils, a toujours été dans le sein de son Père où il est son conseil, sa pensée, sa sagesse.

Il explique que le premier homme n’a été créé 
ni mortel ni immortel. La récompense pour les chrétiens fidèles serait l’immortalité dans les cieux mais dans des corps de chair, tandis que les incrédules seraient, eux, condamnés aux supplices éternels.



Théophile glorifie le Tout-Puissant :

« … 
on ne peut se représenter sa gloire, ni mesurer son immensité, sonder ses profondeurs, comparer à rien sa puissance, se former une idée de sa sagesse; on ne peut imiter sa bonté ni raconter ses bienfaits »- (Livre 1- III).

« 
Dieu est incréé et immuable, il est aussi appelé « Seigneur, Père, Auteur, Créateur, Très-Haut, Tout-Puissant »- (Livre 1- IV).

« 
Quand vous voyez sur la mer un vaisseau voguer à pleines voiles et se diriger vers le rivage, vous ne doutez pas qu’il n’ait un pilote pour le gouverner, pourriez-vous douter qu’il existe un Dieu moteur et maître de l’univers, sous prétexte que les yeux du corps ne le voient pas?
L’homme mortel ne peut regarder fixement le soleil, ce faible élément, comment pourrait-il soutenir l’éclat inénarrable de la gloire de Dieu?
 »- (Livre 1- V).

« 
VII. Celui-là seul est mon Dieu, le Seigneur de toutes choses, qui a étendu les cieux et donné à la terre ses limites; qui trouble les profondeurs de la mer et excite le bruit de ses vagues; qui domine la puissance de l’océan et calme l’agitation de ses flots; qui a établi la terre sur les eaux et lui donne le principe de vie; en un mot, qui vivifie tout par son esprit, car s’il le rappelait à lui, tout rentrerait dans le néant. C’est par cet esprit, ô homme, que vous parlez; c’est par lui que vous respirez, et vous ne le connaissez pas. Ne cherchez point d’autre cause de cette ignorance que l’aveuglement de votre esprit et la dureté de votre cœur. »- (Livre 1- VII).



Dieu est à l’origine de la matière

Selon certains philosophes, 
Dieu et la matière sont tous deux incréés ce qui positionne la matière à égalité avec Dieu.

« 
Quant à Platon et à ses sectateurs, ils reconnaissent, il est vrai, un Dieu incréé, père et créateur de toutes choses; mais ils établissent en même temps deux principes incréés, Dieu et la matière qu’ils disent coéternels. Si ces deux principes sont également incréés, il s’en suit que Dieu n’a pas fait toutes choses et que sa domination n’est point absolue, comme le prétendent les platoniciens. D’ailleurs, si la matière était incréée comme Dieu, elle serait égale à lui et comme lui immuable, puisqu’il n’est lui-même immuable que parce qu’il est incréé; car ce qui est créé est sujet au changement et aux vicissitudes, l’être incréé est le seul qui ne change pas. Où serait donc la puissance de Dieu, s’il eût créé le monde d’une matière déjà existante? Donnez, en effet, à un de nos ouvriers la matière qui lui est nécessaire, et il fera tout ce que vous voudrez. La puissance de Dieu consiste à tirer du néant tout ce qu’il veut, et nul autre que lui ne peut donner le mouvement et l’être. »- (Livre 2- IV).

« 
Hésiode, le poète, parlant de la matière et de la création du monde, s’exprime en ces termes: « Au commencement exista le chaos, puis la terre… (…)Du chaos naquirent l’Érèbe et la nuit obscure; puis de la nuit sortirent l’air et le jour, qu’elle enfanta de son union avec Érèbe. »- (Livre 2- VI).
« 
si le chaos était au commencement, il y avait donc une matière incréée et préexistante. Mais qui l’a disposée, qui lui a donné sa forme et ses proportions? »
« Ou bien a-t-il existé une cause première, je veux dire un Dieu qui l’a créée et qui l’a embellie?
 »

La vraie connaissance, la science, la sagesse et la justice ont été transmises par Dieu à ses prophètes sous l’inspiration de l’Esprit saint. Ces hommes de Dieu ont enseigné, d’un commun accord, que toute matière a été tirée du néant.

« I
X. Mais les hommes de Dieu, inspirés par l’Esprit saint, et véritablement prophètes, reçurent d’en haut la science, la sagesse et la justice: c’est Dieu lui-même qui les instruisait; il leur a fait l’honneur de les choisir pour être ses instruments et les dépositaires de sa sagesse; c’est à la faveur de cette sagesse divine qu’ils nous ont fait connaître la création du monde et tant d’autres vérités. »- (Livre 2- IX).

« 
X. Ils ont tous enseigné, d’un commun accord, que Dieu avait tiré toutes choses du néant. Car aucun être n’existait de toute éternité avec Dieu»- (Livre 2- X).

Moïse, qui vécut longtemps avant Salomon, ou plutôt le Verbe de Dieu lui-même, parle ainsi par sa bouche : « 
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »


 

Contrairement aux Grecs qui démarrent la création des dieux par la terre, la Bible décrit les différentes étapes de la création dans l'ordre.

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Contrairement aux Grecs qui démarrent la création des dieux par la terre, la Bible décrit les différentes étapes de la création dans l'ordre.
Homère par exemple explique l’origine du monde et celle des dieux de la façon suivante :
«
 L’océan, dit-il, d’où sortent les mers et les fleuves, est le père des dieux, et Thétys est leur mère. » (livre 2- V).

Hésiode, lui, a déclaré en parlant des muses, les filles de Jupiter :
« Salut, filles de Jupiter, inspirez-moi des chants agréables! Célébrez la race sacrée des immortels qui sont issus de la terre, du ciel étoilé, de la nuit ténébreuse, et que la mer a nourris. Apprenez-moi comment sont nés les dieux et la terre, les fleuves et l’immense océan; comment sont nés les astres brillants et le ciel qui s’étend au-dessus de nos têtes; comment, de ceux-ci, sont sortis les dieux qui répandent sur nous leurs bienfaits; » (livre 2- V).

En lien avec cette conception, Théophile d'Antioche dit :
« 
XIII. Ce même poète (Hésiode) a montré qu’il avait de Dieu une idée toute humaine, basse et misérable, lorsqu’il part des choses terrestres pour commencer son récit de la création. L’homme, en effet, qui est si petit, est obligé de commencer par en bas l’édifice qu’il veut bâtir; il ne peut élever le faîte ou le toit sans avoir posé d’abord le fondement. Mais la puissance de Dieu consiste à créer de rien ce qu’il veut, et à le créer selon son bon plaisir: « Car ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. »
C’est pourquoi le prophète nous apprend qu’il créa d’abord le ciel en forme de voûte, comme le couronnement et le faîte de l’édifice: « Au commencement, dit-il, Dieu créa le ciel. 
»- (Livre 2- XIII).

L’auteur décrit ensuite les étapes de la création selon le récit de le Genèse, récit qui est de loin supérieur aux mythologies grecques !
Il fait le lien avec la résurrection future des hommes.

« 
XIV. Voyez dans toutes ces productions quelle variété, quelle richesse, quelle beauté ravissante; remarquez qu’elles sont soumises à une espèce de résurrection qui peut nous donner une idée de celle qui doit un jour avoir lieu pour tous les hommes. »- (Livre 2- XIV).



Le récit de la création et la Trinité

La sagesse était en lui
« Dieu, qui de toute éternité portait son Verbe dans son sein, l’a engendré avec sa sagesse avant la création. Il s’est servi de ce Verbe comme d’un ministre, pour l’accomplissement de ses œuvres, et c’est par lui qu’il a créé toutes choses. »

(…) Dieu seul était avec sa sagesse qui est en lui et avec son Verbe qui ne le quitte pas. C’est cette sagesse qui s’exprime en ces termes, par le prophète Salomon:
« Lorsqu’il étendait les cieux, j’étais là ; et lorsqu’il posait les fondements de la terre, j’étais auprès de lui
. »

A la lecture de ces paroles, nous avons l'impression que l'auteur parle de qualités divines (« Dieu seul était avec sa sagesse qui est en lui et avec son Verbe») et non d'un être réel, clairement distinct et ayant sa volonté propre.


Dans l'une de ses interprétations allégoriques des étapes de la création, l'auteur décrit ainsi la Trinité :

« 
Les trois jours qui précédèrent les corps lumineux sont l’image de la Trinité, c’est-à-dire de Dieu, de son Verbe et de son Esprit, et le quatrième est l’image de l’homme, qui a besoin de la lumière, pour que Dieu, le Verbe, l’Esprit, l’homme lui-même lui soient manifestés; c’est pour cela que les corps lumineux furent créés le quatrième jour. Quant à la disposition des astres, elle nous montre l’ordre et le rang des justes, de ceux qui pratiquent la piété et qui observent les commandements de Dieu. Les plus brillants représentent les prophètes; aussi sont-ils immobiles et ne passent-ils jamais d’un lieu à un autre. Ceux qui jettent après eux un moindre éclat représentent les justes. Enfin les astres errants, communément appelés planètes, sont l’image de ceux qui s’éloignent de Dieu, et qui abandonnent sa loi et ses préceptes. »- (Livre 2- XV).


« Le Verbe a toujours été dans le sein de Dieu »:

« Or, que pouvait être cette voix, si ce n’est le Verbe de Dieu, qui est aussi son Fils; non point qu’il ait été engendré d’une manière charnelle, ainsi que les poètes nous représentent les enfants de leurs dieux, mais il a toujours été dans le sein de son Père, ainsi que la vérité nous le raconte; il est de toute éternité son conseil, bien avant toutes choses, puisqu’il est sa pensée et sa sagesse. Lorsqu’ensuite Dieu voulut créer, ainsi qu’il l’avait résolu, il engendra son Verbe, émané de lui et antérieur à toute créature. Cependant il ne se priva point lui-même de son Verbe, mais il l’engendra de telle sorte qu’il fût toujours avec lui. Voilà ce que nous enseignent les saintes Écritures, et tous ceux qui ont été inspirés du Saint-Esprit, parmi lesquels Jean s’exprime ainsi: « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu. »
Théophile nous montre, par ces paroles, que Dieu existait seul au commencement, et que son Verbe était avec lui. Puis il ajoute: « Et le Verbe était Dieu; toutes choses ont été faites par lui, et rien n’a été fait sans lui. »
Ainsi donc le Verbe étant Dieu et engendré de Dieu, peut être envoyé par le Père de toutes choses dans un lieu quelconque, selon son bon plaisir; et lorsqu’il y est, on le voit, on l’entend, et il est véritablement présent dans ce lieu.»- 
(Livre 2- XXII).

L'auteur ne considère pas le Fils de Dieu comme une entité à part entière.
Il le confond avec des qualités de Dieu comme la sagesse, le conseil, le verbe (la parole de Dieu).
«
  il est de toute éternité son conseil, bien avant toutes choses, puisqu’il est sa pensée et sa sagesse. »

Dieu, le Tout-Puissant, le Souverain de l'univers a-t-il besoin de conseil ? A-t-il besoin que quelqu'un lui donne de la sagesse ? A-t-il besoin que quelqu'un lui dise quoi faire ? A-t-il besoin que quelqu'un soit sa pensée ?
Je vous laisse répondre vous-mêmes à ces questions plus qu'évidentes.

Le Tout-Puissant possédait-il à l'intérieur de lui-même un autre être intégré à lui qui lui faisait des remarques, des commentaires et avec qui il discutait ?
Une image m'est apparue en lisant cette conception, la petite créature qui sortait du thorax d'un individu mutant dans le film de science fiction « Total Recall »...
Lien - science fiction
(Le lecteur aura compris que c’est le concept en lui-même que je critique mais en aucun cas Jésus ou Dieu !)

Comment peut-on dire que notre Père céleste Tout-Puissant contenait à l'intérieur de lui-même un autre être intelligent avec qui il interagissait ? Un être conseil/sagesse/confident...


Jésus-Christ n'est-il pas le Fils de Dieu ? Cela ne signifie-t-il pas que le Père était là avant lui ? D'ailleurs Jésus-Christ n'est-il pas appelé le « Premier-né de Dieu » ?
Le premier-né de Dieu signifie qu'avant de naître, il n'existait pas !

Jésus-Christ n'est-il pas la première de toutes les œuvres du Dieu Tout-Puissant ?

Jean 8:22 : « Yahvé m'a créée, prémices de son œuvre, avant ses œuvres les plus anciennes ». Jérusalem

Colossiens 1 : 15 : « Le Fils est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. »


Le Souverain de l'univers n'avait pas besoin de conseiller ou que quelqu'un lui apporte de la sagesse.
La Bible dit clairement que personne n'est comme lui.
Il est UN.

Marc 12 :29 : « Jésus répondit: Le premier, c'est: Ecoute, Israël ! Le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est un »,

2 Samuel 7 :22 : « C'est pourquoi tu es grand, Seigneur Yahvé: il n'y a personne comme toi et il n'y a pas d'autre Dieu que toi seul, comme l'ont appris nos oreilles. »

Esaïe 46 :9 : «  Souvenez-vous des tout premiers événements! En effet, c'est moi qui suis Dieu et il n'y en a pas d'autre. Je suis Dieu et personne n'est comparable à moi. »

Deutéronome 6 :4 : « Ecoute, Israël : Jéhovah, notre Dieu, est un seul Jéhovah. » Crampon 1905

Comment avec de tels versets peut-on encore croire que Dieu est un être composite ?


Il n’y a pas d’égalité entre le Père et son Fils.

Théophile déclare :
« si la matière était incréée comme Dieu, elle serait égale à lui et comme lui immuable, puisqu’il n’est lui-même immuable que parce qu’il est incréé » - (Livre 2- IV).

Il en est de même du Fils de Dieu. S’il est incréé, il est donc égal à Dieu. Or ce n’est absolument pas ce que disent de nombreux versets bibliques y compris de nombreuses déclarations de Jésus-Christ lui-même !

Jean 14 : 28, 31 : « 28 (…) Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais auprès du Père, car mon Père est plus grand que moi.  31 Cependant, ainsi, le monde saura que j'aime le Père et que j'agis conformément à l'ordre que le Père m'a donné. »

Jean 7 : 16 : « Jésus leur répondit: «Mon enseignement ne vient pas de moi mais de celui qui m'a envoyé.

Hébreux 5 : 8 : « Bien qu'étant Fils de Dieu, il a appris l'obéissance par tout ce qu'il a souffert ».

1 Corinthiens 11 :3 : « le chef du Christ, c'est Dieu»

Actes 3 :13 : « Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos ancêtres, a révélé la gloire de son serviteur Jésus, celui que vous avez fait arrêter et renié devant Pilate qui était, lui, d'avis de le relâcher. »

Jean 20 :17 : «  Jésus lui dit: «Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Remarquons ici que Jésus dit qu’il monte vers son Père qui est aussi le Père de ses disciples et vers son Dieu qui est aussi le Dieu de ses disciples.

Jésus n'est pas égal à son Père, il lui est subordonné. Le Père est plus grand que son Fils. Jésus obéit à son Père et l'appelle "mon Dieu". Jésus prie Dieu en s'agenouillant devant lui.

Jésus d’agenouille devant son Père pour lui adresser sa prière



Philippiens 2:6-8 : «  lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu. 7  Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, reconnu à son aspect comme un homme, 8  il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. »

Philippiens 2:6 : « lui qui était vraiment divin, il ne s'est pas prévalu d'un rang d'égalité avec Dieu, » - Nouvelle Bible Segond

D’ailleurs l’apôtre Paul déclare dans sa première lettre aux Corinthiens :

Corinthiens 8 : 6 : «  pour nous, il y a un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour lui, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui. »
Il dit clairement «un seul Dieu, le Père » 
ET « un seul Seigneur, Jésus-Christ ».
Jésus n’est pas inclus dans « Dieu ».

Nous avons bien compris que d’après les paroles de Jésus lui-même et les enseignements des apôtres, le Fils est clairement subordonné à son Père !


Jésus-Christ, le Fils premier-né de Dieu, a été créé par son Père. Il est sa toute première création. Puis il a ensuite participé très activement à la création du monde sous l’œil plein d'affection de son Père.

Comme dit Théophile d’Antioche, il était comme son ministre qui agissait en son nom :
« 
Il s’est servi de ce Verbe comme d’un ministre, pour l’accomplissement de ses œuvres, et c’est par lui qu’il a créé toutes choses. »

Proverbes 8 : 12-30 : « 12 »Moi, la sagesse, j'habite le discernement et je possède l'art de la réflexion. (…)
22 »L’Éternel me possédait au commencement de son activité, avant ses œuvres les plus anciennes. 23 J'ai été établie depuis l'éternité, dès le début, avant même que la terre existe.
24 »J'ai été mise au monde quand il n'y avait pas de mer, pas de source chargée d'eau. 25 Avant que les montagnes ne soient formées, avant que les collines n'existent, j'ai été mise au monde. 26 Il n'avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier grain de poussière du monde.
27 »Lorsqu'il a disposé le ciel, j'étais là; lorsqu'il a tracé un cercle à la surface de l'abîme, 28 lorsqu'il a placé les nuages en haut et que les sources de l'abîme ont jailli avec force, 29 lorsqu'il a fixé une limite à la mer pour que l'eau n'en franchisse pas les bords, lorsqu'il a tracé les fondations de la terre, 30 j'étais à l'œuvre à ses côtés. Je faisais tous les jours son plaisir, jouant constamment devant lui, 31 jouant dans le monde, sur sa terre, et trouvant mon plaisir parmi les hommes.
 » - Segond 21


Comment comprendre Jean 1:1 ?

L'auteur s'appuie sur un seul verset pour appuyer ses dires : Jean 1:1.

Jean 1 :1 : « Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. »

L’étude de ce verset a été réalisé à ce lien, n’hésitez pas à le consulter.

Lien - Etude Jean 1:1



Le récit de la création et l'immortalité de l'âme

Il continue ainsi avec toutes les étapes de la création.

« L’Écriture ajoute: « Or, il s’élevait de la terre des vapeurs qui en arrosaient la surface. Le Seigneur Dieu forma l’homme du limon de la terre; il répandit sur son visage un souffle de vie, et l’homme eut une âme vivante. »
C’est de là que plusieurs tirent une preuve de l’immortalité de l’âme. 
»- (Livre 2- XIX).

Que dit réellement le verset ?
Genèse 2 :7 : « Et le SEIGNEUR Dieu forma l'homme de la poussière du sol, et souffla dans ses narines le souffle de vie; et l'homme devint une âme vivante. »

Tous les versets concordent pour dire que l’homme n’a pas reçu une âme vivante, il 
est devenu une âme vivante ou un être vivant.


Essayons ici de comprendre la conception de Théophile sur la création de l’homme.
« Formé de terre, le voilà transporté dans un paradis; Dieu voulait, par là, l’exciter à se rendre de plus en plus parfait, à se montrer Dieu en quelque sorte, et à s’élever, par degrés, jusqu’au ciel, pour s’assurer l’immortalité. L’homme avait été créé dans un état intermédiaire, n’étant ni tout à fait mortel, ni entièrement exempt de la mort, mais il pouvait être l’un ou l’autre. Il en était de même du paradis qu’il habitait; il tenait, par sa beauté, le milieu entre le ciel et la terre. » - (Livre 2- XXIII).

« XXVII. On me demandera peut-être: Adam fut-il créé mortel? Non! Fut-il créé immortel? Point du tout! Il n’était donc rien? Ce n’est pas ce que je veux dire. Sans doute, il ne fut créé ni mortel, ni immortel; car si Dieu l’avait créé immortel dès le commencement, il l’aurait fait Dieu, et s’il l’avait fait mortel, il semble qu’il serait la cause de sa mort. Il ne le créa donc ni mortel, ni immortel, mais, comme nous l’avons déjà dit, capable d’être l’un ou l’autre. En suivant la voie qui conduit à l’immortalité, c’est-à-dire en restant fidèle observateur de la loi du Seigneur, il devait recevoir de lui l’immortalité en récompense, et devenir semblable à Dieu; mais en prenant le chemin de la mort par la désobéissance, il se donnait la mort lui-même; car Dieu l’avait créé libre, et ne gênait en rien sa liberté. Et aujourd’hui, par un effet admirable de sa bonté et de sa miséricorde, il rend à l’homme devenu fidèle tout ce qu’il avait perdu par sa négligence et son infidélité. C’est en désobéissant à Dieu qu’il s’était donné la mort; c’est aussi en se soumettant à sa volonté qu’il peut recouvrer la vie éternelle. » - (Livre 2- XXVII).  

Quelle étrange théorie vous en conviendrez. Théophile dit qu’Adam n’a pas été créé mortel sinon Dieu aurait été lui-même la cause de sa mort.  Mais il dit aussi qu’il n’a pas été créé immortel car il fallait que l’immortalité reste une récompense à atteindre pour sa fidélité… L’apologiste se noie lui-même dans une théorie qui se mord la queue.

 

Théophile d'Antioche dit que le premier homme n’a pas été créé immortel car il fallait que l’immortalité reste une récompense à atteindre pour sa fidélité… L’apologiste se noie lui-même dans une théorie qui se mord la queue.

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 « Aussi ce n’est pas sans mystère qu’après avoir raconté la création de l’homme, la Genèse fait entendre qu’il serait deux fois établi dans le paradis: la première, immédiatement après avoir été créé; la seconde, après la résurrection et le jugement. » - (Livre 2- XXVI).

Cette idée-ci est intéressante. Théophile croyait en un paradis établi après la résurrection et le jugement. Seulement, ce dessein ne concerne en rien Adam qui a délibérément tourné le dos à Dieu. Il concerne tous les autres humains qui auront la possibilité de retrouver ce qu’Adam avait perdu.


XXVIII. Après qu’Adam eut été chassé du paradis, il connut son épouse, que Dieu avait formée d’une de ses côtes.
Théophile n’est pas le premier à croire qu’Adam et Eve n’avaient pas eu de relations sexuelles avant leur désobéissance. Mais, ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas encore d’enfants qu’ils n’ont pas eu de relations sexuelles. On imagine mal ce couple parfait, un homme et une femme créés l’un pour l’autre, ne pas connaître l’intimité.



L’immortalité et la résurrection de la chair

Théophile d’Antioche croit en l’immortalité dans les cieux dans des corps de chair. Nous retrouvons cette croyance dans la seconde épître à Clément. On peut se demander qu’en est-il du paradis établi après la résurrection et le jugement ? (Livre 2- XXVI)

« V. De même que l’âme, renfermée dans le corps humain, échappe à nos regards et se manifeste par le mouvement du corps, ainsi Dieu, quoique invisible, se montre clairement par sa providence et par ses œuvres. » - (Livre 1- V)

« Après que vous aurez abandonné votre condition mortelle, vous revêtirez l’immortalité, vous verrez Dieu en récompense de vos mérites. Dieu ressuscitera votre chair, il la rendra immortelle comme votre âme: alors devenu immortel, vous verrez l’éternel, si maintenant vous croyez en lui; et vous comprendrez alors combien vos discours étaient insensés. » - (Livre 1- VII)

« XIII. Vous prétendez que les morts ne ressuscitent pas, et vous dites: montrez-moi un seul mort ressuscité, et je croirai quand j’aurai vu de mes yeux. Mais quel est donc votre mérite, si vous ne croyez que lorsque vous voyez? Vous ne doutez point de la résurrection d’Hercule qui se brûla; de celle d’Esculape qui fut frappé de la foudre, et vous ne voulez pas croire à ce que Dieu lui-même vous assure: peut-être ne me croiriez-vous pas encore quand je vous ferais voir un mort ressuscité? » - (Livre 1- XIII)

« XIV. Ne soyez donc point incrédule, mais plutôt ayez la foi. Moi-même, autrefois, je niais la résurrection future; mais après avoir réfléchi sérieusement, je n’hésite plus à croire, depuis que j’ai eu le bonheur de lire les livres sacrés, écrits par les prophètes qui ont prédit, par l’inspiration de l’Esprit saint, les événements passés tels qu’ils se sont accomplis, les événements présents comme ils se passent sous nos yeux, et les événements futurs dans le même ordre qu’ils doivent se réaliser un jour. » - (Livre 1- XIV)



Les supplices éternels :

Théophile croyait en l’existence d’un lieu de supplices éternels pour les incrédules et les impies.

« Puisque j’ai pour garantie cet ensemble de faits annoncés et en partie accomplis (les prophéties), je ne suis plus incrédule, je crois, j’obéis à Dieu; faites de même, de peur que si vous vous obstiniez aujourd’hui à ne pas croire, vous croyiez forcément un jour, quand vous serez livré à la rigueur d’éternels supplices. Ces supplices ont été annoncés par les prophètes; vos poètes et vos philosophes sont venus après, et ont fait beaucoup d’emprunter à nos livres saints pour donner du poids à leurs opinions. Mais toujours est-il que ces poètes, que ces philosophes eux-mêmes ont annoncé des supplices futurs pour les incrédules et les impies, afin que tout le monde fût instruit de cette vérité et que personne ne pût dire: nous ne le savions pas; on ne nous l’avait pas dit. » - (Livre 1- XIV)


 

Théophile d'Antioche croyait en l’existence d’un lieu de supplices éternels pour les incrédules et les impies.

 

 

« nous assurant que celui qui observe la justice évitera les supplices de l’enfer et obtiendra de Dieu la vie éternelle. » - (Livre 2- XXIV).  



L’adoration de l’empereur :

Le culte de l’Empereur avait été institué au sein de l’Empire romain afin de consolider la « pax romana », tous les peuples, quelle que soient leur culture et leur religion, unis autour du culte commun de l’empereur et donc de Rome. Ce culte a été à l’origine de terribles persécutions des chrétiens qui refusaient d’offrir de l’encens sur l’autel consacré à l’empereur.

« XI. Pour moi, je n’adore point l’empereur, je me contente de l’honorer et de prier pour lui; mais j’adore le Dieu véritable, l’être par excellence, parce que je sais que c’est lui qui fait les rois. Pourquoi donc, allez-vous me dire, n’adorez-vous pas l’empereur? Parce qu’il n’a pas été fait pour être adoré, mais seulement honoré comme il convient. Ce n’est point un Dieu, c’est un homme établi de Dieu pour juger avec équité et non pour recevoir des adorations. » -(Livre 1- XI)



Conclusion :

Théophile d’Antioche a défendu la réputation des chrétiens qui étaient calomniés en citant de nombreux passages des Écritures et en faisant raisonner les philosophes sur leur enseignement contradictoire et incohérent.  
Il démontre que la matière n’est pas incréée mais a bien eu un commencement.
Il met en évidence l’absurdité de vénérer des faux dieux produits de l’artisanat et le mont Olympe qui reste vide alors que les dieux immortels se seraient pourtant multipliés. Il rejette le culte de l’empereur.
Il critique Platon et Pythagore pour leur croyance en la doctrine de la réincarnation.

Théophile d’Antioche est trinitaire, le premier ou l’un des premiers à en exposer la théorie. Il prétend que le Verbe de Dieu, son Fils, a toujours été dans le sein de son Père où il est de toute éternité sa sagesse, sa pensée, son conseil.
Un être intelligent intégré à l’intérieur de l’Etre suprême ?
Le maître de l’univers, le Père de toute chose, aurait besoin de quelqu’un d’autre pour lui donner de la sagesse, de la pensée et des conseils ?
Je considère cette croyance comme insultante envers le Souverain suprême de l’univers.

Théophile dit que Dieu n’a créé l’homme ni mortel, ni immortel.
La récompense de l’homme fidèle est l’immortalité dans les cieux dans un corps de chair. Les impies subiront, eux, les supplices éternels.

Trois fausses doctrines se sont ainsi déjà insérées dans l’enseignement chrétien : 
la Trinité, l’immortalité de l’âme, les supplices éternels.


Olivier                                                                        Pour laisser un commentaire, c'est ici !

 

Sauf indication spéciale, les versets ont été tirés de la traduction Segond 21

 


Soyons vigilants aux fausses doctrines chrétiennes. Éclairons notre connaissance de la Parole de Dieu. Analysons ce que dit la Bible, débarrassons-nous des fausses doctrines et faux enseignements et de tous les mensonges.
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