L’épître aux Corinthiens de Clément de Rome


 

 

La première épître aux Corinthiens est la plus ancienne épître en dehors de la Bible. On la date généralement de la fin du 1er siècle (vers 96).
Elle a été écrite après une persécution.
En effet, il est écrit : 
« Ce sont les malheurs et les épreuves dont nous avons été frappés soudainement et coup sur coup qui nous ont retenus trop longtemps, à notre gré, de nous tourner vers vous, bien-aimés, et de nous occuper des affaires en litige parmi vous, » Cor I :1a.

On sait que l’empereur Domitien avait lancé une période de persécutions de 6 à 8 mois, en 95, très violente et très étendue géographiquement.

La première épître aux Corinthiens est la plus ancienne épître en dehors de la Bible. On la date généralement de la fin du 1er siècle (vers 96). Elle a été écrite après une persécution.

Clément de Rome - wikipédia



Le texte est attribué à Clément de Rome. Mais il faut savoir que dans le texte, les auteurs parlent toujours au pluriel. Ce sont en fait les anciens de l’église de Rome qui écrivent aux anciens de l’église de Corinthe.
On peut donc supposer que Clément a été le rédacteur écrivant au nom de l’ensemble des anciens de l’église.

Les auteurs de cette lettre affirment avoir écrit sous inspiration.
Cor LXIII : 2 : « 2. Vous nous causerez joie et allégresse, si vous obéissez à ce que nous vous avons écrit par le Saint-Esprit, et si vous mettez une fin aux ressentiments coupables que votre rivalité a fait naître, selon les invitations à la paix et à la concorde, que nous vous faisons dans cette lettre. »

Cette lettre témoignant d’une bonne connaissance des Écritures a été lue parfois dans les églises, ce qui était le signe d’une certaine reconnaissance de canonicité.



L’objectif de cette lettre

L’objectif de cette lettre est de rétablir l’ordre au sein de l’église de Corinthe (qui avait déjà reçu deux lettres de Paul). Il semble qu’un groupe ait appelé à la révolte contre les responsables. La lettre écrite par Clément a pour but de cesser les disputes et réintégrer les responsables de l’église.

Cor I :1 : « et de nous occuper des affaires en litige parmi vous, de cette sédition qui n’a ni droit ni place parmi des élus de Dieu, œuvre de souillure et d’impiété, qu’une poignée d’individus a commencée; et le feu qu’ils ont allumé, ils l’ont porté à un tel degré de démence, que votre nom révéré, célébré, justement aimé de tous, s’en trouve grandement décrié. »

XLIV : 6. « Car nous voyons que vous avez retiré à plus d’un bon presbyte un ministère qu’il exerçait d’une manière irréprochable et qui lui valait l’estime de tous. »

XLVI : 5-9 : 5. « Que signifient parmi vous les querelles, les éclats, les dissensions, les schismes et la guerre? 6. N’avons-nous pas un seul Dieu, un seul Christ, un seul esprit de charité répandu sur nous, une seule vocation dans le Christ? 7. Pourquoi déchirer et écarteler les membres du Christ? Pourquoi vous révolter contre votre propre corps? en venir à ce point de démence d’oublier que nous sommes membres les uns des autres? Souvenez-vous des paroles de Jésus, Notre Seigneur: 8. "Malheur à cet homme! Mieux vaudrait pour lui n’être pas né que de scandaliser un seul de mes élus! Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être précipité dans la mer que de pervertir un seul de mes élus " (Mt 26, 24; Lc 17, 2). 9. Or, votre schisme en a perverti beaucoup, il en a jeté beaucoup dans le découragement, beaucoup dans le doute, nous tous dans la tristesse! Et votre querelle se prolonge! »

XLVII : 6, 7 : « 6. C’est une honte, bien-aimés, une honte par trop grande; c’est indigne d’une conduite soumise au Christ qu’on raconte que l’Église de Corinthe s’est révoltée contre ses presbytres à cause d’un ou deux individus. 7. Et le bruit n’en est pas venu seulement jusqu’à nous, mais aussi jusqu’à ceux qui ne partagent pas notre foi, de sorte que le nom du Seigneur est blasphémé à cause de votre folie, et que vous vous exposez vous-mêmes à des dangers. »

LVII : « 1. Vous donc qui êtes à l’origine des dissensions, soumettez-vous aux presbytres, laissez-vous corriger afin de vous repentir et de ployer les genoux de votre cœur. 2. Apprenez à obéir, laissant là votre arrogance et la trop brillante audace de votre langue. Mieux vaut, en effet, pour vous, être petits, mais comptés dans le troupeau du Christ que d’être estimés très haut et de vous voir exclus de l’espérance que nous avons en lui. »



Les chrétiens de Corinthe

Les chrétiens de l’église de Corinthe étaient connus pour la qualité et la solidité de leur foi, leur sagesse, leur piété, la générosité de leur accueil, le respect de l’autorité. Cor I : 2, 3.
Clément se souvient encore combien ils étaient humbles, sincères, simples, sans rancune, plus prompts à obéir qu’à commander, plus heureux de donner que de recevoir, tenant les paroles du Christ soigneusement gravées dans leur cœur et ses souffrances devant leurs yeux.
Une abondante effusion de l’Esprit-Saint s’était répandue sur tous, avec une paix profonde et le désir insatiable de faire le bien, " 
prêts à toute bonne œuvre "(Tt 3, 1).
Cor chapitre II.

Des changements se produisent dans l’église de Corinthe.
Il semblerait que la gloire et la prospérité aient souri à certains et 
«2. De là sont nés la jalousie et l’envie, la discorde et la sédition, la persécution et le désordre, la guerre et la captivité. 3. C’est ainsi que " les manants s’en sont pris aux nobles, les petits aux illustres, les insensés aux sages, les jeunes aux anciens ". Cor III : 2, 3.
Clément rappelle le passage d’
Esaïe 3 : 5 : «L'oppression sera réciproque parmi le peuple: chacun opprimera son prochain; le jeune garçon maltraitera le vieillard, et le vaurien celui qui jouit des honneurs. »

Clément ajoute que « chacun marche selon les désirs de son cœur pervers, nourrissant en lui la jalousie ennemie de toute justice et de toute piété, par laquelle " la mort est entrée dans le monde " (Sg 2,24).
Sagesse 2 :24 : « C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde : ils en feront l’expérience ceux qui lui appartiennent !»



Des exemples bibliques de jalousie

Le chapitre IV aborde de nombreux exemples de jalousie dans la Bible.

Clément cite l’exemple de Caïn dont la jalousie et l’envie l’ont poussé à commettre un fratricide sur Abel (4 :7). Il cite également les exemples de Jacob fuyant devant la jalousie d’Esaü son frère, Joseph subissant la captivité, Moïse fuyant devant Pharaon, Aaron et Marie chassés hors du camp, Datan et Abiron précipités vivants en enfer, David subissant la persécution de Saül.

Joseph et ses frères             -                 Esaü et Jacob



Clément passe ensuite, au chapitre V, aux exemples de héros de leur génération :

V : 2, 3 : « 2. C’est à cause de la jalousie et de l’envie que les plus grands et les plus justes d’entre eux, les colonnes, ont subi la persécution et combattu jusqu’à la mort. 3. Oui, regardons les saints Apôtres ».
Pierre a subi de nombreuses épreuves, il est mort en martyr.
Paul, chargé 7 fois de chaînes, exilé, lapidé est mort en martyr après avoir enseigné la justice au monde entier et rendu son témoignage devant les autorités.

Puis à nouveau des serviteurs de Dieu du passé sont cités (chapitres VII à  XIV et XVII, XVIII): Hénoch, Noé, Abraham, Lot, Rahab, Elie, Elysée, Ézéchiel, Job, David …



Les paroles mensongères

Clément rappelle plusieurs versets qui insistent sur l’importance des 
paroles que nous prononçons :

XV : 2-5 : « 2. Il est dit en effet quelque part: " Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi " (Is 19,13; Mc 7, 6). 3. Et puis: " De leur bouche, ils bénissaient, mais ils maudissaient dans leur cœur " (Ps. 51, 5). 4. Et aussi: " Ils le flattaient de leur bouche, mais de leur langue ils lui mentaient. Leur cœur n’était pas droit envers lui; ils étaient sans foi en son alliance (Ps 77, 36-37). 5. C’est pourquoi, qu’elles deviennent muettes les lèvres mensongères, qui parlent contre le juste, au mépris du droit! " (Ps 30, 19). Et encore: " Que le Seigneur retranche les lèvres mensongères, la langue qui aime les grands 5 mots, ceux qui disent: La langue sera notre puissance, nos lèvres sont pour nous, qui sera notre maître? » (Ps 11, 4-6).



Les lois morales en parallèle avec les lois physiques

Clément explique que les astres, la terre, les mers, les saisons, les vents, en fait toute la création dans son ensemble obéit aux lois de l’univers et que le Créateur a établi 
la paix et la concorde pour le bien de ses créatures (chapitre XX).


La justification par la Foi et les Œuvres

Nous ne sommes pas justifiés par nos œuvres, notre justice, notre sagesse, notre intelligence… mais par la Foi.

XXXII : 1-3 : « 3. Tous ont reçu de la gloire et de la grandeur, non à cause d’eux et de leurs œuvres, ou de la justice qu’ils auraient pratiquée, mais par le bon plaisir de Dieu. Et nous qui avons été appelés dans le Christ Jésus par ce même bon plaisir, ce n’est pas par nous-mêmes que nous sommes justifiés, ni par notre sagesse, ni par notre intelligence, ni par notre piété, ni par les œuvres que nous avons pratiquées en toute sainteté de cœur, mais par la foi; car c’est par la foi qu’ont été justifiés tous les hommes depuis le commencement, par le Dieu Tout-Puissant, à qui soit la gloire au siècle des siècles. Amen. »

Puisque nous ne sommes justifiés qu’au travers de la Fois allons-nous renoncer à accomplir des œuvres ?

XXXIII : 1. Que ferons-nous donc, frères? Allons-nous renoncer à faire le bien, abandonner la charité? Qu’à tout jamais le Maître nous préserve de ce malheur, hâtons-nous plutôt de mettre notre zèle et notre ardeur à accomplir toute bonne œuvre. 2. Car le Créateur lui-même et le Maître de l’univers s’est réjoui de ses œuvres. (…)8. Puisque tel est notre modèle, hâtons-nous de nous soumettre à sa volonté; et de toute notre force accomplissons les œuvres de la justice.

XXXIV. 1. Le bon ouvrier n’éprouve aucune gêne à prendre le pain qu’il a gagné par son travail, mais l’ouvrier paresseux et négligent n’ose regarder en face son employeur. 2. Aussi convient-il que nous soyons zélés pour le bien, car c’est de notre employeur que nous tenons toutes choses. 3. Il nous a prévenus en effet: " Voici venir le Seigneur; et devant lui la rétribution pour rendre à chacun selon ses œuvres " (Is 40, 10; 62, 11; Pr 24, 12; Ap 22, 12). 4. Il nous exhorte à croire en lui de tout notre cœur, à nous mettre, sans paresse ni indolence, à toutes sortes de " bonnes œuvres " (Tt 3, 1). »

Cor XXXI :2 : « 2. Pourquoi Abraham notre père fut-il béni? N’est-ce pas pour avoir pratiqué la justice et la vérité, dans la foi? »

La Foi se manifeste par des Actes.
Cor XXX : 3 : « manifestant notre justice par des actes, non par des paroles. »

Clément ajoute que le témoignage de notre bonne conduite doit être rendu par les autres et ne doit pas venir de nous-mêmes. Dieu aime l’humilité, la discrétion, la douceur mais il rejette la présomption, l’impudence et l’audace.



La hiérarchie dans l’église

XLII : 5 : «Et ce n’était pas là chose nouvelle: depuis de longs siècles déjà l’Écriture parlait des évêques et des diacres; elle dit en effet: " J’établirai leurs évêques dans la justice, et les diacres dans la foi " (Is 60, 17), »
Clément se permet une extrapolation d’un passage d’Esaïe :
Esaïe 60 :17b : « Je désignerai la paix pour te surveiller et la justice pour dominer sur toi. »Segond 21
« je te donnerai pour gouverneurs, la paix, pour magistrats, la justice. » Crampon



Les doux habiteront la terre débarrassée de toute iniquité

XIV : 4, 5 : « 4. Car il est écrit: " Les doux habiteront la terre et les innocents y seront laissés; mais les pécheurs en seront exterminés " (Pr 2, 21-22; Ps. 36, 9, 38). 5. Et encore: " J’ai vu l’impie hausser sa taille, s’élever comme un cèdre du Liban: je suis passé, voici qu’il n’était plus; je l’ai cherché et je ne l’ai pas trouvé. Garde l’innocence et observe le droit, car il y a une festivité pour l’homme pacifique " (Ps. 36, 35-37). »

Proverbes 2 : 21, 22 : « 21 Car ceux qui sont droits habiteront la terre, et les hommes intègres y subsisteront. 22 Mais les méchants seront retranchés de la terre, et ceux qui agissent perfidement, en seront arrachés. » - Ostervald

Psaumes 37:9 : « Car les malfaiteurs seront retranchés, mais ceux qui espèrent en Jéhovah, ceux-là posséderont la terre. » - TMN

Psaumes 37 : 35-38 : « 35 J'ai vu l'homme violent dans toute sa puissance: il s'étendait comme un arbre verdoyant, 36 mais il est passé et il n'existe plus; je le cherche, et je ne le trouve plus.
37 Observe celui qui est intègre et regarde celui qui est droit, car il y a un avenir pour l'homme de paix, 38 tandis que les rebelles sont tous détruits, l'avenir des méchants est réduit à néant. »




La résurrection (chapitre XXIV)

La future résurrection est une réalité, elle a été démontrée par la résurrection de Jésus-Christ. Elle est aussi annoncée dans le rythme naturel de la résurrection de la nature : la nuit s’endort, le jour se lève ; les semences se décomposent au sol, mais de leur décomposition même, la graine va ensuite porter du fruit.


 Le phénix (chapitre XXV)

XXV : « 1. Considérons le signe prodigieux que nous offrent les régions de l’Orient, c’est-à-dire l’Arabie. 2. Il y a là bas, un oiseau qu’on nomme phénix. Il est seul de son espèce et vit cinq cents ans; et lorsqu’il approche du terme de sa vie, il construit lui-même son cercueil où il pénètre, son temps accompli, pour mourir. 3. De sa chair corrompue naît un ver qui se nourrit de la charogne de l’oiseau mort, puis se couvre 9 de plumes; et lorsqu’il est devenu fort, il soulève le cercueil rempli des ossements de son ancêtre, et l’emporte loin de l’Arabie, en Égypte, jusqu’à la ville nommée Héliopolis. 4. Là, en plein jour, aux yeux de tous, il s’en vient à tire-d’aile le déposer sur l’autel du soleil, puis il reprend son vol pour le retour. 5. Alors les prêtres consultent leurs annales et constatent qu’il est venu après cinq cents ans révolus. »

XXVI : 1 : «Sera-ce donc à nos yeux prodige et merveille, que le Créateur de toutes choses ressuscite ceux qui l’ont servi saintement, avec la confiance de la foi parfaite, Lui qui nous a montré dans un simple oiseau la magnificence de sa promesse? »


Ici Clément semble considérer le récit du phénix comme authentique et n’a pas précisé qu’il s’agit d’une légende.

Clément de Rome semble considérer le récit du phénix comme authentique et n’a pas précisé qu’il s’agit d’une légende. Il considère aussi le récit de Judith comme authentique.

Phénix renaissant de ses cendres, enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, wikipedia

 

 

 

Judith et Esther

LV : 3-6 : « 3. Plus d’une femme, rendue forte par la charité de Dieu, a accompli des exploits dignes d’un homme. 4. La bienheureuse Judith, voyant qu’on faisait le siège de sa ville, sollicita des Anciens qu’on la laisse aller dans le camp ennemi; 5. s’exposant volontairement au danger, elle sortit de la ville, par amour pour la patrie et pour son peuple assiégé. Et le Seigneur livra Holopherne entre les mains d’une femme. 6. Esther, à la foi si parfaite, n’encourut pas un moindre péril pour sauver les douze tribus d’Israël d’une mort imminente. Elle supplia, dans le jeûne et l’humiliation, le Maître qui voit tout, le Dieu de tous les siècles, et lui, voyant l’humilité de son âme, sauva le peuple pour l’amour de qui elle s’était exposée à la mort. »

Nous pouvons constater que Clément n’est 
pas misogyne est c’est tout à son honneur.
Cependant, il considère le récit de Judith comme authentique.



Clément et les anciens de Rome n’étaient pas trinitaires

LIX :4 : « Que toutes les nations connaissent que tu es toi le seul Dieu " (1 R. 8, 60) Et que Jésus-Christ est ton Fils Et " nous-mêmes, ton peuple et le troupeau de ton bercail » (Ps 78, 13)
Clément distingue clairement le seul vrai Dieu et son Fils Jésus-Christ.

XLII. 1. « Les Apôtres nous ont annoncé la bonne nouvelle de la part de Jésus-Christ. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. 2. Le Christ vient donc de Dieu et les Apôtres du Christ. Cette double mission elle-même, avec son ordre, vient donc de la volonté de Dieu. »

Clément explique que les Apôtres annoncent la bonne nouvelle de la part du Christ et que Jésus-Christ, lui, a été 
envoyé par Dieu. Celui qui est envoyé par quelqu’un lui est naturellement subordonné. Au final, Jésus et les Apôtres accomplissent la volonté de Dieu.

XXXVI. « 1. Telle est la voie, bien-aimés, où nous trouverons notre salut, Jésus-Christ, le grand prêtre qui présente nos offrandes, le défenseur et le secours de notre faiblesse. 2. Par lui nos regards peuvent fixer le plus haut des cieux, en lui nous voyons le reflet de la face pure et majestueuse de Dieu, par lui se sont ouverts les yeux de notre cœur, par lui notre intelligence obtuse et obscurcie s’épanouit dans la lumière, par lui le Maître a voulu nous faire goûter à la connaissance immortelle: " Resplendissement de la gloire du Père, il est d’autant supérieur aux anges que le nom qu’il a reçu en héritage est incomparable au leur " (Hé 1, 3-4). 3. Il est écrit en effet: "Il fait des vents ses anges, et des flammes du feu ses serviteurs" (Ps 103, 4). 4. Mais au sujet de son Fils voici ce que dit le Maître: " Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui: demande et je te donnerai les nations pour héritage, pour domaine les extrémités de la terre " (Ps 2, 7-8.). 5. Et encore: " Siège à ma droite car de tes ennemis je vais faire ton marchepied " (Ps 109, 1) »

Jésus reflète la lumière resplendissante de la gloire du Père, tout comme la lune reflète la lumière du soleil (
voir Ap 7 :2). Clément précise que Jésus est supérieur aux anges. Si le Fils était égal au Père, il aurait été inutile de donner une telle précision, cela aurait été évident. Nous comprenons de ce texte que Jésus est supérieur aux anges mais inférieur à son Père, le Tout-Puissant.
D’ailleurs le Père donne à son Fils qui siège à sa droite les nations pour héritage, pour domaine les extrémités de la terre " (
Ps 2, 7-8.).
C’est le Souverain de l’univers qui confie à son Fils un héritage, un domaine et tout pouvoir sur la terre.
Ces versets n’auraient aucun sens si Jésus était égal à Dieu voire pire d’après le dogme de la Trinité, s’il était Dieu (
se serait-il donné à lui-même un héritage ?).

LXIV. 1. « Pour le reste, que Dieu qui sait tout et qui est " le Maître des esprits et le Seigneur de toute chair " (Nb 16, 22; 27, 16), lui qui s’est choisi le Seigneur Jésus-Christ et nous-mêmes en lui, pour être son peuple particulier,(…)»

Ce passage nous parle de Dieu qui sait tout et qui a choisi Jésus-Christ et ses disciples pour être son peuple particulier.

Enfin, rien dans l’ensemble de l’épître ne laisse à penser que Clément considère l’esprit saint comme une personne qui plus est égale au Père…

Cor II : 2 : « C’est ainsi qu’une paix profonde et féconde vous avait été donnée avec un désir insatiable de faire le bien; et une abondante effusion de l’Esprit-Saint s’était répandue sur tous. »

Une 
abondante effusion de l’Esprit-Saint s’était répandue sur tous les chrétiens de Corinthe. L’esprit n’est en aucun cas ici une personne, et encore moins une personne égale à Dieu.



Dans sa longue prière (chapitres 59 à 61 ou LIX à LXI), Clément va prier pour les autorités.

LXI. « 1. C’est Toi, Seigneur, qui leur as donné le pouvoir d’exercer leur autorité, Par ta force magnifique et ineffable, Afin que sachant que c’est de toi qu’ils ont reçu leur gloire et l’honneur où nous les voyons, Nous leur soyons soumis, bien loin de nous opposer à ta volonté. Donne-leur donc, Seigneur, la santé, la paix, la concorde, la stabilité, Afin qu’ils exercent sans obstacle la souveraineté que tu leur as confiée. »

Clément prie ici pour la santé, la paix, la concorde et la stabilité des autorités politiques qui ont reçu leur gloire de Dieu. Cette prière est particulièrement remarquable étant donné les terribles persécutions infligées aux chrétiens par les empereurs hostiles au christianisme.

Cette prière, bien que semblant quelque peu exagérée (demander à Dieu d’accorder la santé aux persécuteurs !) nous montre la nécessité de prier pour les autorités civiles afin de pouvoir vivre en paix et servir Dieu en toute tranquillité.



Conclusion

Le texte de Clément de Rome témoigne sans contexte de l’influence apostolique et dégage un sentiment de sincérité et d’humilité qui suit la même ligne que les écrits des apôtres. L’épître cite de très nombreux versets et argumente de manière logique.
Les principaux points doctrinaux abordés sont en accord avec le reste des Saintes Écritures.

Les anciens de Rome abordent avec sagesse de nombreux points importants comme la jalousie, les paroles mensongères, la nécessité des lois pour la paix et l’harmonie, le respect des responsables, l’importance d’être zélé pour de belles œuvres.

Clément de Rome n’a jamais pensé que Jésus formait avec le Père (et l’esprit saint) une seule divinité ! Il dit clairement qu’il y a un seul Dieu qui a envoyé son Fils pour accomplir son dessein. Ce Fils est supérieur aux anges et reflète la gloire de son Père.
Jésus-Christ siège à la droite de son Père et a reçu de lui en héritage les nations et pour domaine les extrémités de la terre.
Le texte de Clément de Rome écrit au premier siècle est un témoin précieux attestant que l’idée même de 
Trinité n’existait pas encore parmi les premiers chrétiens.

L’espérance des chrétiens de l’époque était de vivre en paix sur une terre purifiée du mal et débarrassée des impies. On peut associer cette espérance au retour du Christ, ainsi que l’avait compris la Didachè, qui viendra avec tous ses saints, ses cohéritiers, après un temps de tribulation.

Les chrétiens ne sont justifiés ni par leurs œuvres, ni par leur intelligence ou sagesse ou piété, mais uniquement par la Foi.
Seulement cela ne doit pas être un prétexte pour renoncer à faire le bien, au contraire, les chrétiens doivent se hâter de se soumettre à la volonté de Dieu et de mettre toute leur force, leur zèle et leur ardeur au service des œuvres de justice.
Ils seront ainsi comme de bons ouvriers qui oseront regarder en face leur employeur au moment où ils recevront leur salaire.
Clément ajoute que 
notre justice se manifeste par des actes et non par les paroles.

Quelques points étranges ou obscurs sont néanmoins à relever - pour commencer, le récit du phénix que Clément semble considérer comme authentique et non comme une légende. L’allusion aux Danaïdes et Circés, personnages imaginaires de la mythologie grecque, ne me semble pas non plus convenir à un enseignement chrétien.
Enfin, les auteurs considèrent comme véridique le personnage de 
Judith dont le récit est une fiction inspirée de la révolte des Maccabées.

Les auteurs font également plusieurs fois référence au
 livre de la Sagesse ou Siracide de Ben Sira (au moins 3 fois) et au livre de Judith qui ne font pas partie du canon biblique.  
Bien que ces liens témoignent d’une certaine connaissance des écrits de l’époque, ce qui en soi n’est pas un mal, ils ont été à tort considérés comme véridiques et Dieu ne saurait inspirer des récits ou informations imaginaires ou légendaires.


Lien - épître Clément de Rome

 


Olivier                                                                        Pour laisser un commentaire, c'est ici !

 


Pour Clément de Rome, L’espérance des chrétiens de l’époque était de vivre en paix sur une terre purifiée du mal et débarrassée des impies. On peut associer cette espérance au retour du Christ qui viendra avec tous ses saints, ses cohéritiers.