La doctrine de la Trinité dans la chrétienté


La doctrine de la Trinité dans la chrétienté


 

La croyance en la Trinité est commune aux principales confessions chrétiennes : catholicisme, orthodoxie, protestantisme et évangélique
Elle est considérée comme la doctrine principale de la chrétienté.
Pour la théologie chrétienne, les trois personnes, ou hypostases, qui constituent le Dieu unique sous forme de Trinité sont égales et divines.

Icône représentant la trinité. Que dit la Bible sur la doctrine de la trinité ?

Icône de la Trinité, dite La Paternité, de l'école de Novgorod, début du xve sièclegalerie TretiakovMoscou.

 

Voici les explications apportées par la conférence des évêques de France: "L’homme n’est pas capable d’imaginer un Dieu unique qui existe en trois personnes. C’est Dieu qui nous a révélé ce mystère de son amour par l’envoi de son Fils et du Saint-Esprit. (...) La Trinité est Une : nous ne croyons pas en trois dieux, mais en un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Chacune des trois personnes est Dieu tout entier. Chacune des trois personnes n’existe qu’en union avec les deux autres dans une parfaite relation d’amour." 

La doctrine de la Trinité est reconnue être un "
mystère", elle est d'ailleurs souvent appelée le mystère de la sainte Trinité. Ainsi, les chrétiens ne confessent pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois personnes : la Trinité consubstantielle. Les 3 personnes ne partagent pas l’unique divinité mais chacune d’elle est Dieu tout entier.

Le mot "Trinité" n'existe pas dans la Bible et nulle part il est écrit que Dieu Tout-Puissant, Jésus-Christ et l'esprit saint sont trois personnes égales en une . Comment en est-on venu à enseigner cette doctrine avec autant de force et de conviction?


 Constantin 1er  et le concile de Nicée 

Au printemps 
313, Constantin (empereur d'Occident) et Licinius (empereur d'Orient) signent l’édit de Milan, qui reconnaît la liberté de religion à tous les sujets de l’empire, et qui restitue aux chrétiens tous les biens confisqués. C’est la reconnaissance officielle du christianisme.
Quelques années plus tard, en 324, Constantin déclare la guerre à Licinius. Celui-ci est battu à la bataille d'Andrinople le 3 juillet 324 et assassiné peu après.
Constantin 1er rétablit l’unité de l’empire, il devient le seul empereur romain. C’est le début de la dynastie des Constantiniens.

Après avoir vaincu Licinius, Constantin se rend en Orient où il constate des dissensions au sein du christianisme. L’arianisme y est répandu. Selon 
Arius, le Fils, ayant été créé, donc tiré du néant, ne peut partager pleinement la nature divine du Père, il n’est pas Dieu. Seul le Père est Dieu, le Fils occupant une place intermédiaire entre le divin et la créature. Les partisans d'Arius professent que Jésus, fils de Dieu, est subordonné à son créateur, de même que le Saint Esprit qu’ils considèrent comme un relais existant de toute origine entre Dieu et l'humanité. 
Les opposants font, eux, valoir que le Fils est consubstantiel au Père, c'est-à-dire «ayant la même essence».
Craignant un schisme qui mettrait à mal l’empire, Constantin décide de réunir un concile afin de rétablir la paix religieuse. 

L’empereur affirme son autorité dans le domaine religieux, il inaugure ainsi le césaropapisme  (pouvoir temporel et spirituel), la politisation de la religion qui va entraîner une  déviation de l’enseignement de Jésus.  Constantin intervient dans les querelles théologiques et ouvre en personne le 
concile de Nicée en 325. Il rassemble des représentants de presque toutes les tendances du christianisme. 

Les débats conciliaires se déroulent dans la grande salle du palais impérial, sous la 
présidence de l'Empereur Constantin. Arius défend sa doctrine, soutenu par ses partisans, surtout par Eusèbe de Nicomédie. Mais, en face, le parti orthodoxe, dirigé par Marcel d'Ancyre, Eustathe d'Antioche et le diacre Athanase d'Alexandrie, qui sera par la suite évêque d'Alexandrie, rejettent la thèse d’Arius et imposent (par majorité et non par démonstration) la conception de « Jésus Dieu ». 
Après plusieurs mois au cours desquels les évêques ne parviennent pas à se mettre d'accord sur un texte décidant de la nature de la relation du Christ au Père, l'empereur menace les quatorze récalcitrants.
La doctrine d’Arius, dont le principal adversaire est  Athanase, est condamnée lors du concile, et Arius anathématisé et voué à l'exil, avec deux autres évêques.
Les livres d'Arius sont brûlés et sa voie est  appelée l'hérésie d'Arius, ses partisans et ceux qui soutiennent la même conception sont considérés, jusqu'à nos jours, des ennemis du christianisme.

La profession de foi établie lors du concile de Nicée en 325, constituant le « symbole de Nicée », déclare que le Fils est de « même substance » que le Père. Le dogme trinitaire se met en place. 
« Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles. Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s'est incarné et s'est fait homme ; a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Et au Saint-Esprit.
Ceux qui disent : il y a un temps où il n’était pas : avant de naître, il n’était pas ; il a été tiré du néant ; il est d’une substance (hypostasis), d’une essence (ousia) différente, il a été créé ; le Fils de Dieu est muable et sujet au changement, l’Église catholique et apostolique les anathématise»
.



 Le Grand Pontife et la triade capitoline

 La triade capitoline désigne, dans la religion romaine, les trois divinités Jupiter, Junon et Minerve qui étaient honorées au temple de Jupiter Capitolin, sur le Capitole à Rome. Elle célèbre Jupiter, dieu de la foudre, du tonnerre, du ciel et de la lumière, et défenseur de la justice, Junon, reine des dieux et du ciel, et protectrice des femmes, et Minerve, déesse de la sagesse, des arts et des techniques de la guerre, et protectrice de Rome. 

La triade capitoline et son pontifex maximus est liée à la trinité et au pape chrétien. Que dit la Bible?

 

Les cérémonies en l'honneur de la triade capitoline sont organisées chaque année par le Grand Pontife ou Pontifex maximus. Son culte se poursuit à Rome jusqu'à la reconnaissance du christianisme comme religion d'État.
Dans la Rome antique, pontifex maximus (grand pontife) est le titre donné au grand prêtre à la tête du collège des pontifes. C'est la charge la plus élevée en prestige et en obligations au sein de la religion publique romaine, et celui-ci a pour résidence la regia, palais des anciens rois de Rome. Ce terme vient du fait que les pontifes étaient chargés – entre autre - de l'entretien d'un pont sacré, le pont Sublicius.

Constantin Ier et ses successeurs, même baptisés, prennent eux aussi le titre de
 pontifex maximus.
Durant l'hiver 382/383, l'empereur Gratien, parmi de nombreuses mesures contre les religions anciennes, abandonne ce titre, tandis que son frère Valentinien II ne le porte pas. Le titre n'est alors plus porté pendant des siècles, jusqu'à ce que le 
pape Théodore Ier le reprenne en 642.
Aujourd'hui, le titre Pontifex maximus est réservé au pape — également appelé Souverain pontife (Summus pontifex) ou Pontife romain (Pontifex romanus). Le règne d'un pape est appelé pontificat et l'ancien domaine papal était connu sous le nom d'États pontificaux.
Ainsi, le titre de Pontifex maximus réservé initialement au
 grand prêtre qui vénérait la triade de dieux romains, la triade capitoline, est récupéré par Constantin 1er qui se constitue ainsi chef religieux suprême chrétien de Rome. 
Le contexte du concile de Nicée est dès le départ clairement influencé par une tendance trinitaire. 

Lien - Triades


 L’empereur Théodose et l’édit de Thessalonique

Théodose 1er devient empereur d'Orient en 379, il partage le pouvoir avec Gratien qui le nomme Auguste et qui règne sur l'Occident. Gratien collabore étroitement avec le pape Damase Ier et combat fermement le paganisme. Il est le premier empereur à refuser de porter le titre de pontifex maximus. 
En 380, l’empereur Théodose 1er se fait baptiser chrétien. Il se place également en tant qu'autorité religieuse.

Il promulgue l'édit de Thessalonique le 27 février
 380 qui impose le christianisme dans l'empire et la croyance en une trinité composée de Dieu, son Fils Jésus et le saint Esprit.
« Édit des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Auguste, au peuple de la ville de Constantinople. Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s'engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donnée aux Romains - ainsi que l'affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu'à maintenant - et qu'il est clair que suivent le pontife Damase et l'évêque d'Alexandrie, Pierre, homme d'une sainteté apostolique : c'est-à-dire que, en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité.
Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d'églises et ils seront l'objet, d'abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adoptée suivant la volonté céleste.
Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois.
»



 La doctrine de la trinité définitivement admise avec le concile de Constantinople

En 
381 ap J-C, l’empereur Théodose 1er convoque le Concile de Constantinople
150 évêques y sont appelés. Aucun d’Occident, y compris le Pape lui-même, Damase. Les non-nicéens ne sont pas admis à siéger. Le concile se déroule de mai à juillet 381.
Le principal point qui y est acquis est la 
définition de l’Esprit comme troisième personne de la Trinité. Le symbole dit de Nicée du nom du premier concile œcuménique qui l’a adopté en 325 est ainsi complété sur l’Esprit Saint : « par l’Esprit Saint il a pris chair de la Vierge Marie » et «L’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père ; avec le Père (et le Fils) il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.» 
La confession de foi établie par le concile, constituant le "Symbole de Nicée", est ainsi complétée au concile de Constantinople en 381, pour devenir le "Symbole de Nicée-Constantinople" ou Credo.
La doctrine de la 
Trinité est alors bien définie et imposée dans tout l’empire. 

 

Un empereur romain définit les croyances des chrétiens, c'est le césaropapisme. La trinité est établie aux conciles de Nicée et de Constantinople

L'empereur Constantin (au centre), avec les évêques du concile de Nicée (325), tenant anachroniquement le texte du « symbole de Nicée-Constantinople » 
dans sa forme liturgique grecque, basée sur le texte adopté au premier concile de Constantinople (381)



 Le césaropapisme

« Césaropapisme » : ce mot définit l'absorption par l'empereur (césar-), souverain temporel, des fonctions spirituelles dévolues au chef de l'Église chrétienne (-pape).
Il nous faut réaliser que la façon même de considérer notre Souverain suprême de l’univers, Yahvé, et son Fils Jésus-Christ a été définie par des hommes politiques d’origine païenne soucieux de maintenir leur pouvoir et l'unité de l’empire, des empereurs habitués à intégrer dans leur panthéon les divinités des nations conquises et qui adoraient déjà des triades, des empereurs qui se sont approprié le titre de Pontifex maximus, grand prêtre au service de la triade capitoline, des empereurs experts en intrigues et en conquêtes. 
Les dogmes 
définis par le pouvoir politique ont ensuite été imposés par la force.

Le problème des relations entre l'État romain et l'Église chrétienne se retrouve en contradiction directe avec les paroles de Jésus : «
 Rendez à César ce qui est à César » Mat 22 :21.
« Rendez donc à César ce qui revient à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu ». Mat 22 :21.
« Rendez donc à l'empereur ce qui est à l'empereur et à Dieu ce qui est à Dieu.» Segond 21.

Les hommes politiques romains avaient-ils une quelconque autorité spirituelle ? Non, aucune !


 Seule la Bible nous donnera une réponse juste et vraie.

Il est extrêmement important de savoir précisément qui est vraiment Dieu et qui est Jésus-Christ !
Jésus-Christ avait déclaré: "
Mais l'heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père." Jean 4:23.
Nous ne pouvons adorer Dieu qu'avec la 
Vérité. Il nous faut donc vérifier, scruter ce que disent les Saintes-Écritures concernant la croyance de la Trinité car nous ne pouvons pas nous permettre de nous faire une fausse représentation de Dieu. 
C'est ce que nous allons faire dans les prochains posts.

Olivier

 


Écrire commentaire

Commentaires: 0