L'enfer: une croyance omniprésente depuis l'Antiquité


L'enfer: une croyance omniprésente depuis l'Antiquité


 

La notion d’enfer apparaît dès l’Antiquité avec les premières civilisations qui se développent dans ce qu’on appelle le croissant fertile, autour des fleuves Euphrate, Tigre et Nil.


 L'enfer dans la mythologie suméro-akkadienne

Dans le 
panthéon suméro-akkadien, le monde souterrain des enfers est régi par la déesse Ereshkigal et son mari le dieu Nergal. Un mythe raconte la descente aux enfers de la déesse Inanna ou Ishtar
La Descente d'
Inanna aux Enfers (ou, dans sa version akkadienne, Descente d'Ishtar aux Enfers) est un mythe sumérien qui raconte comment la déesse Inanna  ou Ishtar descend aux Enfers afin d'en renverser la dirigeante, sa sœur Ereshkigal, la « Reine des Morts ». La déesse échoue dans cette entreprise : après avoir été dépouillée de tous ses atours, elle meurt et son cadavre est mis à pendre sur un clou. Le dieu Enki intervient indirectement et redonne vie à Inanna. La déesse, sur le chemin du retour, doit cependant, en échange de sa liberté, livrer un autre humain vivant afin qu'il la remplace dans le monde d'en-bas. Elle choisit Dumuzi, son époux, qui est emmené sans ménagements aux Enfers. À la suite des pleurs de la sœur de Dumuzi, Geshtinanna, le sort du malheureux époux est allégé : il ne reste aux Enfers que durant une partie de l’année et y est remplacé par sa sœur durant l’autre partie.


 L'enfer dans la mythologie égyptienne

Dans
 l’antiquité égyptienneAnubis est chargé de conduire les morts à Osiris, le dieu du royaume des morts. 

Le voyage vers l'au-delà se fait à travers de nombreux dangers. À bord d'une barque solaire, la momie traverse le monde inférieur rempli de serpents armés de longs couteaux, de dragons crachant du feu et de reptiles voraces à cinq têtes. Une fois arrivé dans le royaume du Douat (le pays des dieux), le défunt doit traverser sept portes en récitant sans commettre d'erreur une formule magique à chaque arrêt. S'il réussit, il arrive dans la Salle d'Osiris, le lieu du jugement.

 Osiris est le dieu qui préside au jugement des morts. Quarante-deux dieux écoutent la confession du défunt qui se proclame innocent de tout crime contre le divin et l'ordre social humain.
Les dieux de la mort procèdent à la «
pesée du cœur», cérémonie au cours de laquelle on juge si les actes terrestres de la personne ont été vertueux. La pesée du cœur est surveillée par le dieu à tête de chacal, Anubis, tandis que Thot, le dieu de l'écriture, enregistre le résultat.
Pour cela, Anubis place le cœur de la personne sur l’un des plateaux d'une balance. Une plume représentant 
Maât, la déesse de la vérité et de la justice, est placée sur l'autre. Le cœur ne doit pas être plus lourd que la plume, sans quoi, le défunt est dévoré par le monstre qui veille au pied de la balance ou il subit de terribles souffrances dans les fosses ardentes. Si le cœur est pur, il reste en équilibre avec la plume, et Osiris accueille le mort dans l'autre monde, les champs d'Ialou, qui sont une sorte de Paradis.


 Les enfers dans la mythologie grecque et romaine

Dans la
 mythologie grecque et romaine, les Enfers sont un lieu souterrain où règne le dieu Hadès - Pluton pour les Romains  et son épouse Perséphone — Proserpine pour les Romains. 
On y distingue 4 régions principales: la plus voisine de la terre est l'
Erèbe où errent pendant cent ans les ombres infortunées dont les corps n'ont pas reçu de sépulture. Au-delà se trouve l'Enfer des méchants ou champs du châtiment, puis le Tartare et enfin les Champs-Elysées ou Paradis.

Les âmes des morts passent devant les 
trois juges Éaque, Minos et Rhadamanthe qui statuent sur leur sort pour l'éternité.
Les condamnés sont dirigés vers les
 Champs du Châtiment  ou vers le Tartare, tandis que les justes sont, eux, dirigés vers un endroit de félicité et de repos, les champs Élysées ou les Îles des Bienheureux.

Les Champs du Châtiment sont, à l’inverse des champs Elysées, un lieu de punition angoissant dans lequel séjournent les âmes ayant eu une vie pleine de vice ou ayant accompli une ou plusieurs très mauvaises actions. L'Enfer des méchants est le lieu redoutable de toutes les expiations : c'est là que le crime subit son juste châtiment, là que le remords ronge ses victimes, là enfin que se font entendre les lamentations et les cris aigus de la douleur. On y voit tous les genres de torture atroces. Cette région affreuse, dont les plaines ne sont qu'aridité, les montagnes que roches et escarpements, renferme des étangs glacés et des lacs de soufre et de poix bouillante, où les âmes sont successivement plongées, et subissaient tour à tour les épreuves d'un froid ou d'une chaleur extrêmes. Elle est entourée de marécages bourbeux et fétides, de fleuves aux eaux croupissantes ou embrasées formant une barrière infranchissable, et ne laissant aux âmes aucun espoir de fuite, de consolation, ni de secours.

Le Tartare est la prison des Enfers où les plus grands criminels sont enfermés et subissent constamment les pires tortures. Cette prison renferme notamment les Titans et les Géants. Le Tartare est la prison des dieux. Environné d'un triple mur d'airain, il soutient les vastes fondements de la terre et des mers. Sa profondeur l'éloigne autant de la surface de la terre que celle-ci est éloignée du ciel. C'est là que sont renfermés les Titans, les Géants et les dieux anciens chassés de l'Olympe par les dieux régnants et victorieux ; c'est là aussi que se trouve le palais du roi des Enfers.

Cerbère, un chien à trois têtes, garde l'entrée des Enfers empêchant les morts de s'échapper de l'antre de l'Hadès et des vivants de venir récupérer certains morts.


 Les enfers dans l'hindouisme

L’hindouisme parle de l’existence du paradis, au-dessus, et de l’enfer, au-dessous.  Le paradis est rempli de soleil et est habité par des dieux et par d’innombrables âmes divines. 
C’est là que les meilleures âmes se réincarnent jusqu’à atteindre le 
Nirvana, l’état de béatitude.
L’enfer hindou, le 
Naraka, est un monde obscur, lieu de souffrance et de rédemption, habité par toutes les forces mauvaises et démoniaques. C’est là que se retrouvent les mauvaises âmes qui doivent alors réfléchir aux conséquences de leurs actes et qui retourneront éventuellement sur terre pour entamer une nouvelle vie.
Pour les moins pires d’entre elles, la réincarnation (la samsâra) leur est tout de même offerte, mais dans une être inférieur, plus charnel et matériel, ce qui rend le Nirvana bien plus long à atteindre. Quant aux âmes les plus sombres, elles sont condamnées pour l’éternité au Naraka.

La croyance en l'enfer de tourments est retrouvée dans beaucoup de religions: l'enfer chez les hindous. Que dit la Bible?

 

 Les enfers dans le bouddisme

Chez 
les bouddhistes, les tortures de l’enfer sont décrites avec précision. Selon eux, il y aurait 8 enfers chauds et 8 enfers froids. Dans les enfers chauds, certains pécheurs parcourent des étendues de flammes, d’autres sont jetés dans un chaudron d’airain bouillant. Dans l’un de ces enfers chauds, les pécheurs s’arrachent mutuellement la chair avec des griffes de métal, et dans un autre, ils sont piétinés par des éléphants.
Dans l’un des enfers froids, la chair éclate et se couvre de plaies ; dans un autre, les lèvres gèlent.

L'enfer dans le bouddhisme. L'enfer est une doctrine enseignée dans la plupart des religions, qu'en dit la Bible?

L'enfer représenté ici dans un temple bouddhique en Thaïlande

 

 L'enfer dans l'islam

Chez les 
musulmans, ceux qui ne suivent pas les préceptes du Coran sont destinés à une souffrance incommensurable et éternelle. Le mot "châtiment" est d'ailleurs employé 399 fois dans le Livre saint.
Les infidèles subissent un châtiment des plus douloureux et portent de lourdes chaînes. Ils sont abreuvés d’une eau purulente ou d’une eau bouillante qui leur déchire les entrailles, ils mangent une nourriture à faire suffoquer.
Le feu brûle leur visage. L’enfer est un brasier arrachant brutalement la peau du crâne.
Et quand ils crieront de les achever, on leur répondra : « vous êtes pour y demeurer éternellement !».

Le coran ajoute: « 
Ceux qui refuseront de croire à nos signes, nous les approcherons du feu ardent. Aussitôt que leur peau sera brûlée, nous les revêtirons d’une autre, pour leur faire un supplice cruel. »- Sourate 4, v 56.
Plus loin, on peut encore lire: 
"19. (…) A ceux qui ne croient pas, on taillera des vêtements de feu, tandis que sur leurs têtes on versera de l’eau bouillante,
20. qui fera fondre ce qui est dans leurs ventres de même que leurs peaux.
21. Et il y aura pour eux des maillets de fer.
22. Toutes les fois qu’ils voudront en sortir (pour échapper) à la détresse, on les y remettra et (on leur dira): «Goûtez au châtiment de la Fournaise.»"- 
Sourate 22, v 19-22.


 L'enfer chez les chrétiens

Mais intéressons-nous aux chrétiens, l’existence de l’enfer est un dogme pour l’
Eglise catholique, c’est-à-dire une vérité qui ne peut être remise en cause (même si le pape François semblerait nier l’existence de l’enfer de feu tel qu’il a été enseigné jusqu’ici).
Une différence est faite entre « l’enfer », lieu de damnation et de souffrances éternelles et 
les « enfers » aussi appelés Limbes où se trouvent ceux qui sont décédés avant le Christ (et qui auraient été libérés à la mort de Jésus).

L'enfer chez les catholiques. Cathédrale sainte Cécile à Albi. L'enfer est une doctrine enseignée dans la plupart des religions, qu'en dit la Bible?

Pom² [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]

Cathédrale Sainte-Cécile à Albi


La croyance dans le
 purgatoire, apparue au XIIème siècle, consiste à « purifier » par la souffrance celui qui a commis quelques péchés ne relevant pas d’une condamnation au feu éternel. Certains pensent que si des personnes sur terre prient convenablement pour ceux qui sont au purgatoire, ils vont raccourcir leur peine et favoriser l’accès au paradis (il faut parfois payer pour faire dire des messes pour l’âme du défunt). C’est sur cet espoir que s’est pratiquée la vente des indulgences – que les protestants rejettent totalement tout comme la notion de purgatoire.

Pour les
 évangéliques, tout homme pécheur par nature doit subir un châtiment éternel en enfer. Cependant grâce à la foi en Jésus, il est possible d’accéder gratuitement au salut.

Il ressort de ces brèves descriptions que la croyance en un enfer de feu existe depuis le début de l’Antiquité, dès les premières civilisations et concerne presque toutes les religions du monde. Cette croyance est associée à l’existence d’un lieu terriblement angoissant dans lequel le défunt doit souffrir pour le mal qu’il a commis durant sa vie. 
Mais que dit exactement la Bible sur la condition des morts ? C’est ce que nous verrons dans les prochaines parties.

Olivier

 


Écrire commentaire

Commentaires: 0